Acropole des Draveurs : l’incontournable du Québec

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Le long week-end de la fête du Travail était propice à une escapade dans Charlevoix, cette magnifique région où le fleuve se contemple doucement tout comme les paysages vallonnés. En plus de m’imprégner de l’air marin du Saint-Laurent et de me laisser porter par la beauté du panorama, j’avais aussi un check à faire sur ma bucket list : l’Acropole des Draveurs. Considérée comme l’une des randonnées les plus difficiles au Québec, l’Acropole des Draveurs est, dit-on, un immanquable pour les amoureux des montagnes. Situé en plein coeur du parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, ce sentier mène à un sommet qui offre une vue imprenable sur la vallée de la rivière Malbaie.

C’est donc le samedi que mon copain et moi avons décidé de nous y aventurer. Ayant un peu trop traînés durant la matinée, nous sommes arrivés au chalet d’accueil de la SEPAQ vers 14 h. Ce n’est pas si grave considérant que le soleil se couche somme toute encore assez tardivement au début septembre; nous avions emporté nos lampes frontales de toute manière. Ce sont plutôt les 6 km que nous devons marcher pour revenir au stationnement si nous manquons la dernière navette, à 19 h, qui nous rebutaient un peu. Il faut prévoir entre 4 et 6 h pour effectuer l’aller-retour de l’Acropole des Draveurs. Notre mission : faire l’ascension dans le plus court délai possible parce que nous savions bien que les kilomètres pour retourner à la voiture depuis l’entrée du sentier nous feraient maugréer.

Une montée plutôt ardue

Après avoir effectué l’ascension du Mont Lafayette et du Mont Washington, cette randonnée d’une dizaine de kilomètres (seulement!) me paraissait être de la p’tite bière. Motivés et confiants, nous avons finalement entamé notre excursion à 14 h 30, après une brève évaluation de notre habillement jugé acceptable par la garde forestière. Son regard doit s’être posé un millième de seconde sur les chaussures de skate de mon copain pour les estimer convenables pour ce genre de trekking.

Crédit photo : Mihai Butta
Acropole des Draveurs

Accompagnés de quelques autres retardataires venus à la découverte de cette randonnée mythique, nous avons pénétré la forêt. Les premiers mètres sont faciles; le terrain est relativement plat. Ça se corse assez rapidement alors que le sol balisé laisse place à d’imposantes roches, très escarpées par endroit. Bien que la SEPAQ ait réaménagé le sentier afin de le rendre plus convivial, les deux premiers kilomètres sont plutôt éreintants. La plus grande partie des 800 mètres de dénivelé de la randonnée se trouve certainement dans cette première portion. Mes quadriceps et mon coeur ont été largement mis à contribution alors que ma confiance s’effritait au rythme de ma montée. Il ne faut pas sous-estimer l’Acropole des Draveurs; il s’agit véritablement d’un beau défi.

Gardez espoir; le chemin est beaucoup plus facile par la suite. Moins accidenté, il est aussi un peu plus large ce qui facilite les rencontres avec les randonneurs à sens contraire. Comme nous y étions durant une longue fin de semaine et que la température était superbe, le sentier était très achalandé. Vu l’heure tardive à laquelle nous avons débuté notre périple, nous croisions beaucoup de gens qui étaient sur le chemin du retour. C’était parfois un peu chaotique et désagréable, notamment quand la politesse de laisser passer les randonneurs qui montent n’est pas respectée.

Un panorama qui nous fait oublier les souffrances des 2 premiers km

Malgré tout, nous avons franchi le premier sommet en une heure trente seulement. La réputation de l’Acropole des Draveurs n’est pas surfaite; la vue qui nous est offerte sur les montagnes environnantes et les Hautes-Gorges est saisissante. Quelques centaines de mètres séparent chacun des trois sommets, mais le dernier est sans contredit le plus époustouflant avec son panorama sur 360 degrés. Nous pouvons y admirer – avec un certain vertige – la majestueuse vallée creusée par le passage des glaciers qui fait la renommée de ce parc. Les Hautes-Gorges figurent d’ailleurs parmi les plus hautes parois rocheuses de l’est du Canada. Comme les sommets sont à découverts et que les vents peuvent parfois être assez forts, mieux vaut avoir un chandail chaud avec soi même si la température frôle la canicule au départ du sentier.

Après une pause d’une trentaine de minutes, nous avons repris notre chemin avec notre objectif en tête de retourner à la voiture à bord de la navette. Mission accomplie! Le sentier plutôt bien aménagé nous a permis de redescendre à la course. Une première course de ce type dans mon cas. Je m’y suis même risquée dans les deux kilomètres qui m’avaient tant fait suer lors de la montée. Une heure plus tard, nous étions de retour au point de départ, attendant la navette qui nous ramènerait au stationnement. Nous aurons finalement mis 3 h 30, incluant notre pause au sommet, pour faire les 10,4 km de cette randonnée. Un temps plutôt respectable!

D’ailleurs, mes cuisses n’étaient finalement pas trop mortes le lendemain. J’ai donc pu aller faire le tour de l’Isle-aux-Coudres à vélo afin d’y admirer le fleuve Saint-Laurent.

Acropole des Draveurs
Acropole des Draveurs

Bon à savoir

Longueur du trajet : 10,4 km (aller-retour)

Durée du trajet : entre 4 et 6 h

Niveau : difficile (800 mètres de dénivelé)

Région : La Malbaie, Charlevoix. Environ 4 heures de Montréal.

Comment s’y rendre : Depuis Québec, empruntez la route 138 jusqu’à Saint-Aimé-des-Lacs, puis suivez les indications pour vous rendre au parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie.

Stationnement : à l’entrée du parc. Le stationnement est gratuit. Il faut toutefois prévoir des frais de 8 $ plus taxes, par personne, pour accéder au parc.

Parcours : comme cette portion du parc est inaccessible par voiture, une navette vous amènera à la base du sentier de l’Acropole des Draveurs. Le dernier service est à 19 h; si vous sortez du sentier passé cette heure, il faut prévoir marcher 6 km pour retourner au chalet d’accueil.

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À la fois amoureuse de Montréal et de la nature, Mélissa profite de ses temps libres l’hiver pour aller dévaler les pistes en planche à neige. L’été, elle empoigne son vélo toujours à la recherche des plus belles routes à parcourir. De temps en temps, elle essaie de se tenir sur une vague lors d’un voyage ou de maintenir quelques postures de yoga en aspirant à plus de zénitude. Curieuse depuis toujours,elle se plaît à découvrir les meilleurs restaurants et bars des endroits où elle pose les pieds. Pour Mélissa, la culture locale n’a pas son égal et les nouveautés sont toujours à essayer. C’est sans prétention, avec humour et bonheur qu’elle vous partage ses découvertes, ses meilleurs coups (et probablement aussi les pires). Loin d’être une professionnelle en snow, vélo, surf ou une globe-trotter aguerrie, elle aspire simplement à vous partager ses passions pour la vie.

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