Jellyfish crudo+charbon : l’audace récompensée

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Tout est question de dualité au Jellyfish crudo+charbon, ce resto établi depuis moins d’un an dans le Vieux-Port de Montréal. Le froid y rencontre le chaud, les traditions sont jazzées par une touche d’exotisme et tous les plats, ou presque, sont à partager. Même le décor allie un mélange entre l’époque baroque, le look industriel et la convivialité du mobilier en bois. Pour un nom qui m’était inconnu il y a une semaine à peine, j’ai été complètement séduite par l’audace du chef et par le service impeccable.

J’ai visité le Jellyfish un mardi soir, avec deux copines. Il n’y avait pas foule, mais c’était parfait pour s’initier au concept du restaurant: un menu qui combine les plats crus aux protéines cuites au charbon. D’entrée de jeu, notre serveuse nous a expliqué qu’en plus d’expérimenter le mélange de cuissons, nous aurions droit à un véritable voyage culinaire. En effet, le chef Mathieu Masson-Duceppe tire son inspiration de ses séjours à l’étranger, ce qui lui permet d’allier audacieusement des saveurs asiatiques à une gastronomie plus typique.

Après un difficile consensus, car tout semblait trop bon et que nous voulions tout partager, nous avons opté pour le tataki de boeuf et le tataki de cobia charbonisé, dans la section des crus, les dattes Medjool dans la section chaude et le demi-poulet dans la section charbon. Nous avons arrosé le tout d’un délicieux blanc, à la recommandation du sommelier.

Écran de fumée

C’est sous une cloche de verre complètement enfumée que nous est arrivé le premier service; le tataki de cobia. Cet écran de fumée n’était pas seulement là pour impressionner, mais aussi pour relever le gout de ce poisson à chair blanche. Disposée sur une planche de bois ronde, cette entrée était accompagnée de radis melon et de pamplemousse, que nous n’avons malheureusement pas goûté. N’empêche que le mix des saveurs, la présentation et l’effet wow de la fumée était tout à fait à la hauteur de nos attentes.

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Nous avons également goûté à notre second tataki, celui de boeuf. L’inspiration asiatique du chef était très présente dans ce plat. Nappée de pâte de cari, la protéine était disposée sur un coulis de lait de coco et accompagnée d’haricots et d’oignons marinés. Puisque je raffole des mets orientaux, je dois avouer que cette entrée a surclassé le cobia. J’ai adoré que le lait de coco soit utilisé en guise de sauce et le mélange entre l’acidulé des légumes et le piquant de la pâte de cari. La présentation était aussi très alléchante.

Le troisième plat a été une révélation pour nous. Il s’agissait des dattes Medjool avec bacon fumé, espuma de chèvre et sauce tomate. Très sucrée, cette assiette tirée de la section chaude était bien équilibrée grâce au salé du copeau de parmesan déposé sur chaque datte et au coulis de fromage de chèvre goûteux. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n’est pas le bacon qui a volé la vedette, mais bien la sauce tomate. À un tel point que nous avons bu à la cuillère ce précieux liquide rouge après avoir englouti les dattes!

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Le meilleur poulet ever

Je n’ai jamais aimé manger du poulet rôti au four. C’est donc pour faire plaisir à mes amies que j’ai accepté de commander ce plat. Heureusement qu’elles m’ont convaincu, car c’était le meilleur poulet que j’avais jamais mangé de ma vie. Sans blague! Ce demi-poulet farci au Boursin était divin! Et que dire du beurre de miso déposé sur la volaille chaude qui fondait au fur et à mesure que nous nous délections. La chair était juteuse, tendre, savoureuse. Les légumes qui accompagnaient notre plat de résistance étaient aussi à point, mais leur saveur ne volait en rien la vedette à l’animal qui trônait sur la table.

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Nous avons conclu ce délicieux repas en partageant une tarte à la lime déconstruite ainsi qu’un S’mores. Dans les deux cas, on retrouvait la touche charbonisée du chef, que ce soit par la guimauve grillée du S’mores ou la meringue bien craquante de la tarte. Difficile de comparer les desserts, l’un étant très léger et frais, tandis que l’autre comblait les dents sucrées et les envies chocolatées.

Si le repas, le service et le décor du Jellyfish étaient une belle découverte, l’addition fut clairement la plus belle surprise de la soirée. Ce repas 4 services, arrosé d’un excellent vin, nous a coûté 66$ chacune. Ce n’est pas donné, mais bien en déça de ce que j’avais imaginé pour la qualité des plats.

Le Jellyfish crudo+charbon, 626 Rue Marguerite d’Youville, Montreal, QC, Canada.

Facebook : Jellyfish crudo+charbon

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Ex-journaliste toujours en quête de nouveaux récits, passionnée de plein air et aventurière dans l'âme. ---> « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c' est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » - Nicolas Bouvier

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