Massif de Charlevoix : découverte du secteur hors piste au mont à Liguori

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Cela devait faire plus de trois ans que nous n’avions pas mis les pieds au Massif de Charlevoix Jen et moi (une décennie pour mon copain!) lorsque nous nous y sommes rendus dimanche dernier. Bien que le ciel était couvert, la journée s’annonçait super agréable avec une température autour de -4 degrés Celsius. La fébrilité était palpable alors que nous nous apprêtions à dévaler les pentes de cette montagne dont le panorama est à couper le souffle.

Attention! Point de vue sensationnel sur le fleuve

Avec un dénivelé de 770 mètres, le Massif de Charlevoix offre un niveau assez élevé bien que tous les skieurs et planchistes puissent y trouver leur plaisir. Plus de la moitié des pistes se classent de difficiles à très difficiles. Le stationnement étant situé au sommet, la première descente nous mène vers le fleuve qui se déploie sous nos yeux. Un paysage qu’on ne se lasse pas de regarder! Afin de dégourdir nos muscles endoloris d’une boucle de 11 kilomètres parcourus en raquette la veille, nous avons débuté notre journée par quelques descentes sur les pistes damées du côté ouest. Ce secteur, principalement pour experts, propose des pistes avec des inclinaisons intéressantes et quelques virages nous laissant toujours entrevoir le fleuve. Quelques croûtes glacées se trouvaient à certains endroits dans les pitchs les plus prononcés. L’achalandage du samedi y était certainement pour quelque chose.

On y trouve aussi un sous-bois classé très difficile, L’Artimon, que vous pouvez emprunter en descendant vers l’ouest à partir du télésiège C. J’y ai perdu Jen et mon copain qui s’y sont aventurés à la dernière minute. Parait-il que la neige y était en grande, voire énorme, quantité et que les firsts tracks étaient au rendez-vous!

La meilleure cafétéria est au Massif de Charlevoix

Après trois ou quatre descentes, nous nous sommes arrêtés au chalet de la base pour la pause du dîner. Dans mon souvenir, la cafétéria du Massif de Charlevoix était celle offrant le plus de variété, mais surtout la meilleure qualité d’aliments. Ici, c’est plutôt sandwich sur pain multigrains et salade de quinoa que hamburger et frites. Je ne m’était cependant jamais arrêtée au bas des pistes, préférant toujours le chalet principal. Malgré l’heure de pointe habituelle du midi, nous n’avons eu aucune difficulté à trouver une place où nous asseoir. Comble du bonheur, l’endroit dispose d’un foyer avec de petits fauteuils. Le nec plus ultra du chalet de montagne selon moi! Le menu était moins diversifié qu’au chalet principal, mais nous nous sommes malgré tout régalés avec les grilled cheese et croque-monsieur proposés ce jour là.

Découverte du secteur hors piste

Après la pause du lunch, nous nous sommes dirigés vers le secteur hors piste du mont à Liguori. À vrai dire, nous avions un peu oublié son existence durant l’avant-midi. C’est en regardant la carte des pistes pendant notre lunch que nous avons réalisé qu’il fallait absolument s’y aventurer avant la fermeture. Situé à l’extrémité est, on accède au plus haut sommet du secteur hors piste par le télésiège D. Pour vous y rendre, empruntez la piste La Desjardins qui se trouve à votre droite en sortant de la télécabine. Il faut ensuite prendre le télésiège D pour accéder au sommet le plus à l’est de la montagne. De là, il faut rejoindre La Fortin pour entrer dans le sous-bois qui mène à l’entrée du mont à Liguori.

La carte identifie cinq zones qui ont été savamment défrichées pour permettre des descentes plutôt techniques. Avant d’arriver au chemin menant aux trois plus hauts sommets de la zone hors piste, il faut d’abord zigzaguer dans un sous-bois. Un planchiste que nous avons croisé à ce moment là nous a livré quelques conseils quant aux meilleurs recoins à explorer. Nous avons décidé de suivre ses recommandons. Le plan? Descendre par le troisième secteur tout en gardant notre droite afin de rejoindre le quatrième secteur. Une vingtaine de minutes est nécessaire pour accéder à la zone trois qui est située complètement à l’est.

Sueur, rage et persévérance au mont à Liguori

Jen et mon copain ont bien retenu le conseil de garder la droite. Si bien que nous nous sommes complètement enfoncés dans les bois pour finalement nous retrouver dans un no man’s land. Tout juste entre les secteurs deux et trois… Là où les arbres étaient hyper rapprochés et la neige aucunement tracée. C’est ici que sueur, rage et persévérance ont pris tout leur sens. Mon niveau en planche à neige étant nettement inférieur à celui de Jen et mon copain, je ne faisais que tomber et m’enliser dans des pieds de neige alors qu’eux s’amusaient comme des fous. Il était trop tard lorsque nous avons réalisé que nous n’étions clairement plus dans le troisième secteur. Nous avons mis plus d’une heure à nous dépêtrer pour sortir de là. La neige était tellement abondante que j’en avais parfois jusqu’à la taille!

N’étant pas habituée à autant de neige, j’ai trouvé ça très difficile de rider dans ces conditions. C’était toutefois une excellente pratique. L’occasion était aussi idéale pour tenter de faire quelques sauts. Le pire qui pouvait m’arriver était de m’enfoncer un peu plus dans ce coussin blanc. J’ai eu à pelleter la neige sur ma planche, me tirer à l’aide des arbres et même me détacher pour réussir, à quelques reprises, à sortir d’un recoin où je ne faisais que m’enfoncer. C’est à bout de souffle et un peu tremblante que je suis finalement sortie du bois. Nous étions de retour sur une piste damée, La Tremblay, où se situe la seconde entrée du secteur hors piste. Si nous avions bien suivi les conseils du planchiste, nous ne serions pas sortis à cette hauteur.

Comme nous sommes tous les trois un peu orgueilleux (ou stupides), nous avons décidé d’y retourner. À quoi bon s’être aventurés sur le mont à Liguori si ce n’est pas pour le parcourir au complet! Nous avons cru à tort que la marche nous menant vers la zone quatre prendrait environ cinq minutes. Quelle erreur! Nous avons mis un autre vingt minutes à rejoindre l’entrée du secteur. Une fois lancée, j’ai vraiment apprécié la descente. La neige avait été tracée à quelques endroits. Je pouvais ainsi filer facilement et m’amuser entre les arbres. Cette fois-ci, il fallait descendre vers notre gauche afin de regagner la piste qui rejoint la télécabine. C’est complètement détrempés et exténués que nous avons terminé notre journée. Nous avons mis tout l’après-midi à descendre une seule fois le secteur du mont à Liguori.

Le ski de haute route voit sa cote de popularité s’accroître depuis quelques années, gagnant toujours plus d’adeptes. Avec cette forte croissance, les stations de ski sont de plus en plus nombreuses à offrir aux amateurs de sports de glisse un terrain non-balisé où descendre dans la neige folle. Le Massif de Charlevoix a très bien fait de suivre cette voie en offrant à ses visiteurs plus aventuriers un secteur très technique et sportif à parcourir.

Cette journée à la fois exaltante et exténuante m’a convaincue; je n’attendrai pas un autre trois ans avant de revenir. Le Massif de Charlevoix a trop à offrir pour qu’on le raye de la liste aussi longtemps!

Bon à savoir

Emplacement : La Malbaie, dans la région de Charlevoix

Durée du trajet : 3 h 30 depuis Montréal

Comment s’y rendre : Depuis Québec, rejoindre la route 138 en direction est, puis tourner à droite sur le chemin du Massif. La montagne se situe à environ 90 km de Québec.

Dénivelé : 770 mètres

Nombre de pistes : 52 pistes et sous-bois

Définition du ski hors piste : ZoneSki.com définit le ski hors piste comme suit : « il s’agit de la pratique du ski alpin/planche à neige/télémark dans un lieu donné qui comporte une, deux, ou les trois conditions suivantes: présence d’un terrain exclusif à la pratique (en ascension ou en descente), nécessité d’un moyen de déplacement autre qu’une remontée mécanique (peaux d’ascension, raquettes, catski), secteur non-patrouillé et non-balisé (en ascension ou en descente). » 

Merci au Massif de Charlevoix pour les billets de courtoisie.

Suivre Mélissa Archambault:

À la fois amoureuse de Montréal et de la nature, Mélissa profite de ses temps libres l’hiver pour aller dévaler les pistes en planche à neige. L’été, elle empoigne son vélo toujours à la recherche des plus belles routes à parcourir. De temps en temps, elle essaie de se tenir sur une vague lors d’un voyage ou de maintenir quelques postures de yoga en aspirant à plus de zénitude. Curieuse depuis toujours,elle se plaît à découvrir les meilleurs restaurants et bars des endroits où elle pose les pieds. Pour Mélissa, la culture locale n’a pas son égal et les nouveautés sont toujours à essayer. C’est sans prétention, avec humour et bonheur qu’elle vous partage ses découvertes, ses meilleurs coups (et probablement aussi les pires). Loin d’être une professionnelle en snow, vélo, surf ou une globe-trotter aguerrie, elle aspire simplement à vous partager ses passions pour la vie.

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