Niaragua : découverte de la région de Masaya

Classé dans : Amériques, Voyage | 0

Après un séjour de fou à San Juan del Sur, notre périple au Nicaragua devait se terminer sur l’île Ometepe. Comme la nature reprend souvent ses droits, nous nous sommes plutôt dirigées vers Masaya. Arrivées à San Jorge, le petit patelin d’où quitte la majorité des traversiers, nous nous sommes retrouvées sur le quai du traversier avec des dizaines d’autres personnes en attente du départ.

Les vents soufflaient des rafales impressionnantes qui créaient des vagues de plusieurs pieds sur le lac Nicaragua. Dans ces conditions, personne n’était convaincu que le bateau allait quitter la journée même. Nous avions deux choix : attendre et passer la nuit sur le bateau dans l’espoir qu’il quitte le quai ou trouver un plan B et nous faire rembourser nos billets. Plus le temps filait, plus nous perdions espoir. Nous nous sommes finalement rendues à l’évidence; la vie nous envoyait un signe. Attendre pour se rendre sur l’île Ometepe était une mauvaise idée!

Plan B : découvrir la région de Masaya

Après une rapide lecture de notre guide Ulysse, nous avons opté pour la région de Masaya qui se trouve en direction de Managua. Un énième trajet en autobus nous y a conduit en fin de journée. En raison de la tempête, la région était dépourvue d’électricité et de réseau internet. Comme le soleil se couche vers 18 h, la ville de Masaya était complètement plongée dans l’obscurité à notre arrivée. Un taxi plus tard, nous nous sommes retrouvées sur une rue où il y a, semble-t-il, quelques auberges. L’obscurité et aucune activité humaine ne rendaient pas le scénario très rassurant. Nous avons finalement trouvé repère dans ce qui nous semblait être la moins pire des hostels. Et c’est peu dire! Il y avait de vieux cadres exposant des photographies de l’époque où les gens devaient avoir l’air plus qu’austère, des signes religieux un peu partout et du mobilier vieux comme Mathusalem. Heureusement, le jeune homme qui nous a accueillies était sympathique et bienveillant. Faute d’autres choix, nous avons accepté la chambre plutôt lugubre avec odeur de vieux renfermé qu’il nous offrait.

Mercado de Artesanias, l’endroit par excellence pour flamber son argent

Pimpantes après notre nuit dans l’hôtel des horreurs, nous sommes parties déambuler dans la ville de Masaya. Reconnue comme le terreau de l’artisanat nicaraguayen, la ville possède un grand marché central où l’on trouve à la fois du cuir travaillé à la main, des peintures de madame qui font pipi (!) et une foule d’autres babioles.

Nous y avons passé plus de deux heures à faire le tour certainement plus d’une fois. Les Nicaraguayens n’ont pas fait appel au concepteur scandinave du Ikea – l’endroit d’où il est impossible de s’échapper sans avoir parcouru toutes les allées – mais c’est tout comme. Nous avons dû nous ressaisir afin de quitter le marché avant d’y avoir dépensé plus que tout ce que nous avait coûté notre voyage jusqu’à maintenant.

Fortaleza de Coyotepe, une forteresse riche en histoire

En début d’après-midi, à défaut d’avoir pu compléter l’ascension du volcan Concepcion sur l’île Ometepe, nous avons décidé de nous rendre à la Fortaleza de Coyotepe. Selon les indications de notre hôte, nous devions y être en une trentaine de minutes. Bien que courte, l’ascension ne fut pas de tout repos avec le soleil de plomb qui nous tapait sur la tête. Tout comme la randonnée que nous avions dû faire pour nous rendre au Jésus de San Juan del Sur, la pente menant à la forteresse était directe et bien escarpée. Décidément, les Nicaraguayens ne connaissent pas le principe de faire serpenter une route pour en adoucir l’inclinaison.

Au sommet, une vue de la région sur 360 degrés s’offre à nous. Spectaculaire! Sur place, la visite des galeries souterraines de la forteresse est possible avec un des guides bénévoles. Nous nous sommes donc aventurées dans les dédales de ce bastion qui a notamment servi de prison politique. Quoique fort intéressante, la visite s’avère assez lugubre. En longeant les corridors, simplement éclairés par une torche, nous avons découvert les salles de tortures où gisent encore les traces de sang des prisonniers martyrisés. L’une des pires salles est sans contredit celle de la torture psychologique. Les détenus y passaient plus de dix dans l’obscurité la plus totale, y perdant à la fois la vue et la tête.

Notre journée terminée, nous sommes retournées prendre nos sac à dos à l’auberge. Pas question de séjourner une nuit de plus dans cet endroit digne de la famille Adam! Nous avons mis le cap vers Managua pour terminer notre séjour. Les mésaventures (qui deviennent d’excellentes anecdotes) ne cessent apparemment jamais en voyage. Notre arrivée dans la capitale du Nicaragua n’a pas fait exception….

Suivre Mélissa Archambault:

À la fois amoureuse de Montréal et de la nature, Mélissa profite de ses temps libres l’hiver pour aller dévaler les pistes en planche à neige. L’été, elle empoigne son vélo toujours à la recherche des plus belles routes à parcourir. De temps en temps, elle essaie de se tenir sur une vague lors d’un voyage ou de maintenir quelques postures de yoga en aspirant à plus de zénitude. Curieuse depuis toujours,elle se plaît à découvrir les meilleurs restaurants et bars des endroits où elle pose les pieds. Pour Mélissa, la culture locale n’a pas son égal et les nouveautés sont toujours à essayer. C’est sans prétention, avec humour et bonheur qu’elle vous partage ses découvertes, ses meilleurs coups (et probablement aussi les pires). Loin d’être une professionnelle en snow, vélo, surf ou une globe-trotter aguerrie, elle aspire simplement à vous partager ses passions pour la vie.

Laissez un commentaire