Nicaragua : le canyon de Somoto

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Depuis quelques années, le Nicaragua est sur les lèvres de tous les voyageurs, autant les backpackers en quête d’aventures que les adeptes de la farniente sur la plage. Jen et moi avons voulu voir de nos propres yeux les trésors que recèle ce pays d’Amérique centrale. Le 28 décembre dernier, nous avons quitté notre froid Québec pour partir à la découverte de ce pays empreint de mystères, de contrastes et d’une histoire riche.

Adopter le Nica style 

À peine descendues de l’avion, nous avons été bombardées d’offres pour prendre des taxis, réserver des shuttles privés et acheter des babioles. Tout cela à travers une foule qui attendait parents, amis ou proches revenus de loin. Étourdissantes ces premières minutes en sol nicaraguayen! Après s’être extirpées de la masse de gens et avoir fait un saut aux toilettes pour enfiler des vêtements plus adaptés à la température ambiante (dans les 30 °C), nous sommes enfin sorties de l’aéroport de Managua. Sac au dos et guide touristique en main, nous étions prêtes à ce que l’aventure commence. Sans réservation pour quoi que ce soit, nous étions libres comme l’air durant deux semaines. Seuls quelques attraits et un itinéraire plus ou moins précis avaient été déterminés avant notre départ. Premier arrêt : le canyon de Somoto. À notre sortie de l’aéroport, nous avons repéré un arrêt d’autobus. Pour nous, la découverte du Nicaragua ne se ferait ni en taxi, ni en shuttle privé, mais bien en autobus, avec les locaux. Quelques cours au secondaire et au cégep aidant, nous avons pu baragouiner de l’espagnol avec un monsieur afin de savoir quel autobus nous devions prendre. Miraculeusement, nous avons réussi à monter à bord du bon autobus à destination du Mercado El Mayoreo, un marché public qui fait aussi office de gare centrale. On nous avait vaguement parlé des chicken bus, ces autobus locaux à la fois bondés d’humains et…de poulets. Ce surnom ne leur a pas été attribué à tort!

 

Un détour par le nord s’impose

Une quinzaine de minutes plus tard, nous sommes arrivées au mercado. Ne sachant pas trop à quel moment il fallait descendre de l’autobus, nous avons pu compter sur d’autres passagers pour nous indiquer l’arrêt. Il faut savoir que les arrêts d’autobus sont assez aléatoires. On peut facilement se mettre sur le bord de la route et héler l’autobus qui s’arrêtera pour nous prendre, un peu comme on le ferait pour un taxi finalement. Au marché, les kiosques remplis de fruits, de légumes et de vêtements dépareillés côtoient les déchets amoncelés au sol et les chiens errants. Choc culturel pour les nord américaines que nous sommes, habituées de vivre dans un environnement aseptisé où la pauvreté n’est pas aussi crûment exposée. Ce qui s’impose toutefois à travers ce chaos, c’est la gentillesse des gens et leur prédisposition à nous aider. Quelques indications supplémentaires nous ont permis de prendre place à bord de l’autobus qui nous mènerait jusqu’à Estelí, d’où nous pourrions prendre un dernier transport vers Somoto. Ouf! Après plus de cinq heures dans un autobus scolaire souvent très bondé, nous sommes finalement arrivées dans la petite ville de Somoto. Un des passagers a eu la gentillesse de nous accompagner jusqu’à l’entreprise qui offre des tours guidés dans le canyon, Namancambre Tours. Sur place, l’achalandage n’était pas un problème puisque nous avons pu réserver un tour guidé pour le lendemain. Comme nous étions complètement exténuées, nous en avons profité pour réserver une nuitée dans l’auberge adjacente. Confiantes, nous n’avons pas été vérifier les lieux d’abord. L’auberge de Namancambre était en décrépitude : moisissure, plafond au bord de l’effondrement, absence d’eau courante. Mais bon, nous étions épuisées, le coût était plus que modique et le wifi fonctionnel. Comme la ville est assez petite, je ne suis pas convaincue que beaucoup d’autres choix s’offraient à nous. Une enchilada, du gallo pinto et une bière plus tard, nous sombrions de sommeil.

 

Randonnée, baignade et cliff jumping

Le nord du Nicaragua ne figure pas sur la bucket-list de la majorité des voyageurs qui semblent plutôt attirés par les volcans et la plage. L’itinéraire classique du voyage au Nicaragua devrait pourtant être revu afin d’y inclure le canyon de Somoto. Découverte en 2004 par un groupe de scientifiques, cette gorge formée par l’entrechoquement de deux plaques tectoniques date pourtant de plus de 12 millions d’années. Auparavant, elle était seulement connue des habitants qui la surnommait Namamcambre. Le tremblement de terre a causé la séparation de différentes montagnes, laissant ainsi filer l’eau des rivières dans la faille de près de 5 km. Au fils des ans, la pierre s’est érodée, ce qui a formé de majestueuses falaises qui atteignent, à certains endroits, jusqu’à 100 mètres de hauteur.

Après un sommeil récupérateur malgré l’endroit un peu miteux, nous étions prêtes pour notre première journée d’aventures. L’idée d’aller marcher sur les parois rocheuses, de se jeter à l’eau, puis de s’y laisser voguer était plus qu’excitante. Accompagnées de notre guide, nous avons quitté Somoto vers 9 h, en direction du canyon situé à une dizaine de kilomètres. À six personnes dans un taxi pouvant en accueillir cinq, nous avons une fois de plus expérimenté les modes de transport en Nica style. Une fois arrivées à l’entrée du site, une courte marche sur un chemin de terre, où nous avons croisé quelques vaches, nous a conduit à l’embouchure de la rivière, point de départ de notre excursion. Comme je croyais que l’activité consistait majoritairement à se laisser porter par le courant de la rivière, j’avais enfilé mes gougounes. LOL! Quoique très confortables, mes sandales n’avaient que peu – voire pas du tout – d’adhérence sur les pierres lisses et mouillées. On repassera pour l’idée de génie! Après quelques mètres parcourues sur les roches, nous sommes arrivées à la première portion dans l’eau de la journée. Il nous aura fallu quelques instants pour nous habituer à la fraîcheur de l’eau. Je croyais, encore à tort, que la température avoisinerait les 80 °F. La journée s’est poursuivie ainsi, entrecoupée entre les portions à parcourir à pied et celles où nous devions nager. Sur le parcours, quelques cliffs jumping s’offraient à nous, allant de un à cinq mètres de haut. J’ai personnellement choké les plus hauts. Je me suis contentée de ceux ne faisant pas plus d’un mètre, d’où j’ai sauté en me bouchant le nez comme une enfant. En revanche, j’ai pris une araignée géante dans mes mains. Parlant de saut, Jen a eu la brillante idée de tester la flottabilité de sa GoPro en la lançant dans l’eau du sommet d’un des pics rocheux. J’étais responsable d’attraper la caméra… C’était clairement un mauvais plan sur toute la ligne. Je n’ai pas réussi à attraper la caméra vu mon agilité légendaire et elle a sombré dans les profondeurs du canyon en faisant des petites bulles à la surface de l’eau. OMG! Un guide qui accompagnait d’autres touristes a plongé à la recherche de l’appareil. Il a ressurgi de l’eau, brandissant la GoPro à bout de bras tel un vainqueur. Les miracles existent!

Environ à mi-parcours, nous avons eu l’occasion de voir un groupe effectuer de la descente en rappel sur une paroi de plus de 30 mètres. Le groupe nous a par ailleurs rejoint dans l’eau pour compléter la seconde moitié de la randonnée. Sur le chemin, nous retrouvions ici et là des cavités rocheuses abritant des chauves-souris. S’élevant vers le ciel, les parois sont plus que grandioses par endroit, alors que la profondeur de l’eau atteint les 20 mètres. Toute cette immensité nous faisait sentir bien petites! Après un périple qui aura durée trois ou quatre heures, les rochers sont disparus pour laisser apparaitre des prés de chaque côté de la rivière. Nous avons pris place à bord d’une chaloupe qui nous a reconduit au chemin le plus près. Quelques kilomètres de marche nous attendaient pour regagner la route principale. Nous avons donc sillonné les terres, salué les agriculteurs à cheval et observé les vaches sur le chemin nous menant là où le chauffeur de taxi nous avait déposé quelques heures plus tôt.

Bien satisfaite de ma journée, je me suis assise sur le bord de la route pour attendre l’autobus qui n’est passé qu’une heure plus tard (alors qu’il devait y être dans 10 minutes). Avec ces magnifiques images en tête, j’étais fébrile quant à la suite du voyage. La prochaine étape de notre voyage? Léon et le volcano boarding. 

Bon à savoir

Comment s’y rendre : En autobus. Plusieurs départs par jour depuis Managua vers Esteli.

Coût : Le tour guidé pour la randonnée complète de 5 km nous a coûté 26 $US chacune.

Amenez-vous une collation et suffisamment d’eau. Aussi, évitez les sandales; mieux vaut être chaussé d’espadrilles qui, de toute manière, sécheront rapidement.

 

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À la fois amoureuse de Montréal et de la nature, Mélissa profite de ses temps libres l’hiver pour aller dévaler les pistes en planche à neige. L’été, elle empoigne son vélo toujours à la recherche des plus belles routes à parcourir. De temps en temps, elle essaie de se tenir sur une vague lors d’un voyage ou de maintenir quelques postures de yoga en aspirant à plus de zénitude. Curieuse depuis toujours,elle se plaît à découvrir les meilleurs restaurants et bars des endroits où elle pose les pieds. Pour Mélissa, la culture locale n’a pas son égal et les nouveautés sont toujours à essayer. C’est sans prétention, avec humour et bonheur qu’elle vous partage ses découvertes, ses meilleurs coups (et probablement aussi les pires). Loin d’être une professionnelle en snow, vélo, surf ou une globe-trotter aguerrie, elle aspire simplement à vous partager ses passions pour la vie.

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