Nicaragua: la descente en luge du volcan Cerro Negro

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L’une des attractions du Nicaragua consiste en faire du volcano boarding sur le plus actif volcan du pays, le Cerro Negro. En des termes clairs, on invite les touristes à descendre en luge une montagne de roches volcaniques qui est entrée en éruption il y a un peu moins de 20 ans. Si ça semble débile, c’est parce que ça l’est! Mais franchement, ça fait partie de nos must du voyage et malgré nos écorchures faites pendant la descente, on aurait pris une 2e ride Mély et moi!

Un trajet pas de tout repos

Toute notre dose d’adrénaline a débuté bien avant qu’on atteigne le Cerro Negro. En fait, juste se rendre à León, reconnue comme la ville universitaire du pays et située à environ 45 minutes de bus du volcan, a été une aventure en soi. Nous repartions de Somoto et de son incroyable canyon et à cause de la ponctualité légendaire des autobus du Nica (not!), nous étions certaines d’avoir manqué le bus express pour Esteli, ville à partir de laquelle nous pourrions nous diriger à León. Finalement, 3 minutes avant que ce ne soit l’heure du départ du bus express, je me suis rendue compte que si nous courrions comme Usain Bolt aux olympiques, nous pourrions l’attraper à temps. S’en est suivi une course folle à travers Somoto avec nos gros backpacks sur le dos et grâce au lift du gentil propriétaire de notre auberge crad, nous avons sauté dans le bus avant qu’il ne parte.

La suite de ce trajet n’a été qu’une très longue enfilade de péripéties et d’incertitude quant au chemin à choisir. En gros, nous avons fait pleinement confiance aux Nicas dans le chicken bus, car la moitié d’entre eux croyait que nous raterions le transfert en direction de León à cause de l’heure tardive alors que l’autre moitié croyait que nous serions là à temps. Nous avions deux choix: descendre dans une ville qui était en fait le croisement entre deux rangs de campagne ou continuer jusqu’à Managua et arriver à León seulement le lendemain.

Filles optimistes, nous avons opté pour l’option un. On aurait dit un film: les Nicas nous criaient de prendre le taxi (mais quel taxi?!) tout en nous poussant en bas du bus parce que le temps pressait. Miraculeusement, il y avait vraiment un taxi au coin de la rue déserte. Nous avons sauté dedans et le chauffeur est parti sur les chapeaux de roues pour rattraper le dernier bus de la journée. Nous sommes montées dans le bus avec un petit soupir de soulagement. Thanks God, nous allons à León!

À nos luges!

Le lendemain matin, c’est l’heure des choses sérieuses. Nous nous dirigeons vers l’activité de volcano boarding. Il est seulement 9h du matin et dans l’autobus, c’est déjà le party. Tout le monde arrive bien crinké pour faire l’ascension du volcan.

Il faut environ 45 minutes pour monter jusqu’au sommet du Cerro Negro. Armées de notre sac à dos contenant nos habits de volcano boarders et de notre très lourde luge, nous débutons l’ascension sous un soleil de plomb. Le sentier est composé de roches volcaniques instables et de toutes les tailles, ce qui rend la rando assez difficile. Avec une luge de presque 15 livres sous le bras, je trouve que la pente est pas mal raide!

Plus nous montons, plus le paysage grandiose s’ouvre sous nos yeux. Le contraste entre les coulées de lave devenues noires et la végétation autour du volcan rend la vue surréelle. C’est presque choquant de voir que toutes les éruptions de ce volcan ont enseveli une partie de la nature luxuriante sous une épaisse couche de cendre. Surtout, on distingue très clairement jusqu’où la dernière éruption a fait son chemin autour du Cerro Negro.

Nous finissons par atteindre le sommet où il vente à écorner les boeufs! Une chance, la petite brise nous rafraîchit un peu après cette difficile ascension. Le décor continue d’être magnifique et après avoir marché tout le long de l’arête du volcan, nous avons maintenant une superbe vue sur l’intérieur de son cratère. C’est plus qu’impressionnant! Entre temps, la guide qui nous accompagne nous donne alors les consignes concernant la descente en luge. Oh boy, c’est l’heure de vérité! Un petit stress nous envahit, car vu d’en haut, ce petit volcan de 720 mètres semble soudainement plus élevé.

Notre sympathique guide en profite aussi pour nous raconter l’histoire du volcano boarding et son inauguration par un cascadeur Français. En 2002, Éric Barone a fracassé le record du monde de vitesse sur terre avec un vtt en descendant les pentes du Cerro Negro à 163 km/h! Véritable casse-cou, il a pulvérisé son propre record grâce à un vélo prototype en atteignant 172 km/h. Malheureusement, il a fait une énorme chute qui lui a demandé 3 ans de rémission… Outch! Ça donne une idée de l’inclinaison de la pente que nous nous apprêtions à descendre.

Nous enfilons nos suits 4x trop grands de volcan boardeuses, mettons nos lunettes de sécurité et montons les foulards pour couvrir nos visages. Après nous être transformées en lutteuses sumo ou en bonhomme Michelin, c’est selon, nous voilà fin prêtes pour la descente d’une vie! Nous nous approchons sur le bord de la ligne de départ. Deux personnes peuvent descendre en même et la guide nous explique les différentes positions à adopter pour contrôler sa luge. Pour freiner, on laisse ses pieds à plat au sol. Pour accélérer, on se penche vers l’arrière pour lever le devant de la luge. Si on est bien téméraire, on se couche vers l’arrière en relevant nos jambes pour former un V avec notre corps. Mettons que ça semblait plus facile quand c’était elle qui le montrait sur une surface plane plutôt que quand nous on essayait de contrôler une planche de bois qui semble posséder du diable tellement sa shake pendant la descente.

Descente infernale

Le record de vitesse tous les temps à battre est 93 km/h pour les femmes et 95km/h pour les hommes. Les organisateurs captent les vitesse grâce à des radars comme ceux qu’utilisent les policiers. Je ne sais pas si je peux dépasser ça, mais le BigFoot Hostel, où nous logeons et qui organise la sortie, fera tirer un shooter gratuit pour le gars et la fille les plus rapides du groupe. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour de l’alcool gratuit? 😉

Mély affronte la pente en premier. Malheureusement, de la façon dont c’est fait, je ne peux pas la voir descendre. Mais, à regarder les autres de notre groupe qui sont allés avant nous, il y en une méchante gang qui n’auront pas de shot gratuit… alors que d’autres sont de féroces adversaires. Mon tour arrive enfin! J’enfourche ma luge et me laisse glisser pas trop vite dans la courbe du début (la seule, je vous rassure), histoire de prendre le feeling de cette chose infernale. Je franchis le petit cap et là, je vois la longue piste bien droite qui file direct vers le bas. Je commence sérieusement à prendre de la vitesse et j’ai l’air d’être en plein contrôle de ma luge. Parce que je veux atteindre la meilleure vitesse du groupe, je me dis que c’est le temps de tout donner et d’adopter la position du V. Erreur! J’ai pris toute une débarque! J’ai roulé dans la roche volcanique, me suis toute écorchée le bras et les jambes et j’avais plein de poussière partout dans mon linge. Après avoir retrouvé ma luge abandonnée un peu plus haut, j’ai fini ma descente encore sonnée par ma chute.

Avec tout ça, j’ai fait une descente à 66 km/h et Mély à 60 km/h. Tous ces bobos là pour rien parce que la fille la plus rapide est descendue à 70 km/h. Bravo! Rendue en bas, Mély m’a dit qu’elle aussi avait pogné une grosse débarque pendant sa descente. Quel sport extrême! Prochaine étape de ce périple incroyable : la zipline au volcan Mombacho!

Bon à savoir

Coût: 31$ US et un frais de 5 $US pour entrer dans le parc du Cerro Negro

Comment s’y rendre: Tous les départs ont lieu depuis la ville de Leon, dans la plupart des hostels. Nous avions choisi le BigFoot Hostel.

Ayez de bonnes chaussures de rando!! C’est non-négociable. Personne ne veut que ses pieds servent de frein durant la descente. Même chose pour le foulard qui couvrira votre visage. Vous le regretterez amèrement sinon.

Suivre Jennifer Blanchette:

Ex-journaliste toujours en quête de nouveaux récits, passionnée de plein air et aventurière dans l'âme. ---> « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c' est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » - Nicolas Bouvier

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