Parc Montagne du Diable : l’ultime circuit multiactivités en 3 jours

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Vue du sommet - Parc Montagne du Diable

Après avoir explorés le Parc Montagne du Diable en hiver, nous avons choisi d’y retourner durant la belle saison pour y effectuer un circuit exploratoire de plus de 30 km combinant kayak, randonnée et vélo de montagne. Une expédition ambitieuse qui nous aura permis de découvrir encore plus en profondeur ce magnifique parc, sauvage et grandiose.

Notre aventure estivale au Parc Montagne du Diable a débuté par une sortie en kayak. 10 km parcourant les quatre plus grands lacs du territoire. Comme le circuit compte 1,5 km de portage, nous avons cru qu’il serait plus facile de les franchir en kayak qu’en canot. Petite erreur de notre part considérant que ce type d’embarcation offre beaucoup moins d’espace de rangement. Qu’à cela ne tienne, nous sommes des personnes débrouillardes. Nous avons donc enveloppé nos sacs à dos dans de grands sacs à ordure. Puis, nous les avons attachés sur le dessus de nos kayaks. Une solution somme toute… efficace.

Un circuit en kayak, quatre lacs

Le circuit débute au lac de la Montagne qui se trouve près du chalet d’accueil. Une fois notre rythme enfin trouvé, nous arrivions déjà à la première portion de portage. 200 mètres à franchir. L’expérience s’est avérée beaucoup plus longue et difficile que ce que nous avions imaginé. Le parcours s’est poursuivi sur le lac des Îles qui a été marqué par la chute de Mély dans l’eau. Voulant rattraper un emballage de barre énergétique emporté par le vent, elle a chaviré. Eh oui! Une personne dévouée pour la préservation de l’environnement. Après, vint le portage sur un kilomètre. L’expérience, déjà suffisamment exigeante, l’a été encore davantage. Des TONNES de maringouins se sont faits un festin de nous.

Une pause à la chute du lac Walker nous a permis de reprendre des forces. Bien calés sur l’un des rochers, nous avons pris un bain de soleil en grignotant quelques trucs. Un dernier portage de 300 mètres nous attendait ensuite afin de gagner le lac Windigo. Pour l’atteindre, nous avons du suivre un étroit corridor, ceinturé par la végétation. Nénuphars, hautes herbes et autres plantes aquatiques formaient l’ensemble. À quelques reprises, il nous a fallu franchir ce qui nous a semblé être des barrages de castors. Même sur les lacs, la nature du Parc Montagne du Diable tend à regagner ses habitats.

Kayak au Parc Montagne du Diable

Tous les efforts, les coups de pagaie et les abondantes piqûres de moustiques valaient le coup d’oeil au lac Windigo. Majestueux, vaste et surplombé par les montagnes, ce lac est le plus grand du parc. Alors que nous y pagayions, le vent s’est levé et le ciel, complètement couvert. Le paysage était de toute beauté assombri ainsi, mais la tempête nous guettait. Dès que nous avons mis le pied sur la berge, la pluie s’est mise à déferler. C’était moins une!

Vers le refuge l’Abri du vent

Courant dans tous les sens, nous avons trouvé refuge dans une bécosse. Oui, oui, une bécosse où nous avons attendu que la tempête se calme. Nous étions en fin d’après-midi et une randonnée de 6 km nous attendait pour rejoindre le refuge, l’Abri du vent. Pas le choix de bouger malgré les caprices de Mère Nature. La fatigue. Et nos vêtements détrempés. Fort heureusement, la pluie a cessé assez rapidement. Sur cette portion, le sentier des Sommets passe près de la chute Windigo. Sans doute l’un des incontournables du Parc Montagne du Diable. L’eau coule sur une roche parfaitement lisse sur laquelle on a envie de s’asseoir et glisser. Le sentier remonte dans la montagne en longeant cette chute à l’allure plutôt singulière.

Paradis naturel disait-on cet hiver! Et bien le naturel a pris tout son sens alors que nous avancions sur le sentier des sommet. L’abondance des pluies de la saison aura fait son effet sur la végétation et les cours d’eau qui par endroit avaient totalement repris leurs droits. Des passerelles de bois qui assuraient jadis de rester les pieds au sec n’étaient plus qu’un vague souvenir. Les deux jambes enfoncées jusqu’au mollet, nous cheminions dans ce vaste territoire sauvage. Les hautes herbes nous entouraient, avec le lac d’un côté et la forêt tout autour.

Quelque peu déstabilisés par la rusticité du sentier, se retrouver autant emmaillotés par la nature fut tout de même un instant prenant. Un moment à capter comme un souvenir précieux. Ceci-dit la saison très pluvieuse a grandement contribué à la dégradation des installations. La plupart des sentiers sont beaucoup mieux balisés et les refuges, très bien entretenus. Les derniers 500 mètres de la randonnée furent les plus difficiles. Parce qu’épuisés, la montée vers le refuge a été plutôt ardue. Encore cette fois-ci, le panorama valait bien les efforts. Niché au coeur de l’un des sommets du Parc Montagne du Diable, l’abri offre une vue magnifique sur le lac Windigo et les environs.

Abri du vent du Parc Montagne du Diable

Le sentier des Sommets : pleine vue sur les Hautes-Laurentides

Bien reposés par une nuit qui s’est étirée en grasse matinée, nous sommes repartis du refuge motivés et bien plus en forme qu’à notre arrivée la veille. Notre deuxième journée s’annonçait plus facile que la première avec « seulement » une randonnée pédestre d’une dizaine de kilomètre sur le sentier des Sommets. Au programme : trois points de vue et une carcasse d’avion. Pour la petite histoire, un avion s’est écrasé dans le parc en 1975. Le sentier passe tout près de l’appareil qui a depuis été largement recouvert par les végétaux. Classé d’intermédiaire à difficile, le sentier des Sommets offre un défi assez intéressant avec ses 550 mètres de dénivelé. On descend parfois beaucoup, pour mieux remonter sur une courte distance. Peu technique, c’est surtout à l’effort cardiovasculaire qu’on se dépasse. Mais ce qui charme le plus est encore une fois le côté sauvage et brute du Parc Montagne du Diable.

Sentier des Sommets - Parc Montagne du Diable

En pleine croissance à l’heure actuelle, le parc était auparavant entretenu par une poignée de bénévoles. Vue la vastitude du lieu, il est facile de comprendre l’effort requis pour l’entretien. Marcher dans cette forêt dense et pleine de vie change des lieux plus balisés, voire un peu dénaturés. Sur le chemin, deux arrêts s’imposent. Le sommet du versant de l’Ouest et celui du Sud. Impossible de se lasser du panorama des Hautes-Laurentides. Nous avons atteints notre gîte pour la nuit en fin de journée, le refuge l’Abri de l’aube. Ce qu’il porte bien son nom.

Découverte du vélo de montagne au Parc Montagne du Diable

Bien que nous soyons tous les quatre des lève-tard, il n’était pas question de manquer le lever du soleil. Oh que non! L’alarme de nos téléphones fut réglée à 5 h 40. Moment magique où le ciel fut envahi par toutes les couleurs du jour qui se lève.

Paroi de l'aube - Parc Montagne du Diable

Comme cette matinée ne devait pas trop trainer à l’instar des deux précédentes, c’était l’idéal de s’être réveillés tôt pour admirer l’aube. À la course, nous avons repris notre route sur le sentier des Sommets afin d’arriver avant l’heure du dîner au chalet d’accueil. Notre plan, essayer le vélo de montagne sur les pistes nouvellement aménagées. Pour l’avoir franchi l’hiver dernier, nous savions que ce sentier de randonnée pédestre est assez abrupte au départ de l’Abri de l’aube. Des cordes sont même installées à différents endroits. Notre descente s’est fait assez rapidement, car nous voulions absolument faire du vélo de montagne. Mission accomplie : en 2 h 30 nous étions de retour.

Le vélo de montagne s’est récemment ajouté à la liste des activités offertes au parc. En collaboration avec un athlète de haut niveau dans cette discipline sportive, le Parc Montagne du Diable avait complété l’aménagement de deux pistes d’initiation de type flow track lors de notre passage. Faciles d’accès et conçues pour les débutants, les pistes nous ont permis de nous amuser et d’épuiser ce qui nous restait d’énergie.

Vélo de montagne - Parc Montagne du Diable

Contrairement à notre première visite où nous nous étions réchauffés près du foyer intérieur après une journée au grand air, nous avons cette fois-ci profité des rayons du soleil d’après-midi. Bien installés sur les chaises de patio près du chalet principal, nous avons siroté une bière de la Microbrasserie du Lièvre, située à Mont-Laurier. Un endroit bien charmant où nous vous conseillons fortement d’aller faire un tour. Non seulement la bière est un must, mais les burgers sont délicieux.

Bon à savoir:

Où : À Ferme-Neuve, dans les Hautes-Laurentides

Comment s’y rendre: Depuis Montréal, emprunter la 15N, puis la 117. Prendre la 309 et suivre les indications vers le parc dont l’entrée se situe à 10 km dans la forêt.

À faire (saisons estivale): Randonnée pédestre, canot, kayak ou surf à pagaie, vélo de montagne et nuitée en refuge.

Tarif: 7$ pour le droit d’accès journalier + 25$/personne pour une nuitée dans un refuge de montagne. Location d’équipement disponible.

Les Outsideuses étaient les invitées du Parc régional Montagne du Diable. Merci à toute l’équipe pour votre accueil chaleureux!

Suivre Mélissa Archambault:

À la fois amoureuse de Montréal et de la nature, Mélissa profite de ses temps libres l’hiver pour aller dévaler les pistes en planche à neige. L’été, elle empoigne son vélo toujours à la recherche des plus belles routes à parcourir. De temps en temps, elle essaie de se tenir sur une vague lors d’un voyage ou de maintenir quelques postures de yoga en aspirant à plus de zénitude. Curieuse depuis toujours,elle se plaît à découvrir les meilleurs restaurants et bars des endroits où elle pose les pieds. Pour Mélissa, la culture locale n’a pas son égal et les nouveautés sont toujours à essayer. C’est sans prétention, avec humour et bonheur qu’elle vous partage ses découvertes, ses meilleurs coups (et probablement aussi les pires). Loin d’être une professionnelle en snow, vélo, surf ou une globe-trotter aguerrie, elle aspire simplement à vous partager ses passions pour la vie.

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