Ski, vélo, rando au Parc régional Montagne du Diable

Classé dans : Découvertes, Randonnée, Vélo | 1

Partir à la découverte du Parc régional Montagne du Diable est tout sauf une descente aux enfers (petit jeu de mot ici!). Au contraire, on parle plutôt d’un immense paradis naturel de 10 000 hectares enfoui tout près de Ferme-Neuve, dans les Hautes-Laurentides. Mély, moi et nos copains y avons séjourné pendant 24 heures. Ce n’était pas suffisant pour tout explorer. Au terme de notre ski, dodo, vélo et rando, nous en aurions pris encore! Récit d’une fin de semaine hivernale au fond du bois.

Pas facile le ski hok!

On ne se le cachera pas, c’est loin le Parc régional Montagne du Diable. Dans le genre tellement loin que même le wi-fi ne se rend pas au coeur de ce territoire protégé. N’empêche que le mini roadtrip vaut le détour. Et puis, c’est tellement le fun de décrocher de Facebook et Instagram pour quelques jours.

Notre plan pour le week-end était simple: arriver le samedi matin puis partir en ski hok pour 6 kilomètres jusqu’à notre chalet rustique. Ensuite, avoir un aperçu de la vie au temps des années 1800 dans notre hébergement sans eau courante ni électricité (nous étions bien emballés par cette perspective!). Finalement, tester le fatbike et faire une rando sur la fameuse montagne du Diable le dimanche.

À peu près rien de cela n’a tenu la route. Juste l’étape du ski hok en a été toute une. Les skis hok sont à mi-chemin entre la raquette et le ski de randonnée; c’est un ski assez court dont le talon n’est pas fixé et avec une peau synthétique sous le patin pour éviter de faire marche arrière dans les pentes.

Si l’idée est intéressante, le ski-hok n’était pas vraiment adapté à la croûte de neige glacée qui recouvrait les sentiers lors de notre passage en mars ni aux descentes parfois abruptes. Après bon nombre de débarques et de fous rires, nous avons mis plus de 3 heures pour parcourir les 6 kilomètres qui nous séparaient de notre chalet.

Le territoire du parc est vraiment magnifique. On voit que l’état sauvage de l’endroit a été sauvegardé et que la conservation est au coeur des priorités. Pas étonnant lorsqu’on sait qu’avant de devenir un parc régional, en 2012, cet espace était entretenu et développé par une poignée de bénévoles qui avaient à coeur la préservation du territoire. Les sentiers étaient aussi peu aménagés, ce qui offrait un petit challenge supplémentaire pour notre randonnée en ski hok.

La vie de chalet…rustique

Durant la saison hivernale, 14 hébergements sont disponibles dans le Parc Montagne du Diable. Huit sont situés près du Village des Bâtisseurs (le point d’accueil du parc) et six sont dispersés en montagne. Il faut donc travailler un peu pour mériter son repos. Nous avons eu la chance de séjourner dans un des refuge de montagne, le Versant Nord. Sans eau et sans électricité, c’est loin de toute civilisation et d’un réseau internet que nous avons passé la nuit!

 

Mis à part une traumatisante expérience de camping d’hiver au cégep, nous n’avions jamais dormi en autonomie Mély et moi. Nous avons adoré! Le chalet est tout en bois rond, ce qui lui donne un superbe cachet rustique, avec un énorme poêle à bois au centre et un dortoir au 2e étage. Le bois est fourni alors les garçons se sont assurés de « bourrer » le poêle puis nous nous sommes lancés dans la préparation de nos repas lyophilisés Happy Yak.

C’était tellement agréable de veiller dans le noir, éclairés seulement par la flamme du feu. C’était un peu moins agréable d’aller à la bécosse en pleine nuit à -25°C, mais l’expérience vaut vraiment le coup malgré cela. Certains chalets sont d’ailleurs situés à flanc de montagne, alors la vue doit être superbe!

Pour info, nous avions amené environ 10 litres d’eau à 4 pour la randonnée en ski hok et notre nuitée et ce ne fut pas de trop. En parallèle, nous avons aussi fait bouillir de la neige pour la vaisselle et autres commodités donc ne lésinez pas sur la quantité de liquide.

Sur deux roues l’hiver

Si les sentiers glacés n’étaient pas l’idéal pour une sortie en ski hok, ils l’étaient certainement pour une promenade en fatbike! Le parc possède seulement deux de ces engins pour l’instant. Puisque nous étions 4, nous avions convenu que 2 d’entre nous retourneraient à l’accueil pour faire du fatbike pendant que les 2 autres continueraient d’explorer le parc vers la Paroi de l’aube. À mi-chemin, nous nous rencontrerions et échangerions de moyen de transport…. Rien de cela ne s’est produit.

J’ai donc eu la chance de passer l’après-midi en fatbike et Mély de gravir la Paroi de l’aube. Je ne suis pas adepte du cyclisme, mais vraiment, le vélo d’hiver m’a conquise. Avec ses pneus et son cadre surdimensionnés, le fatbike procure une bonne dose d’adrénaline et se manie étonnamment bien.

Les sentiers étroits et boisés du Parc Montagne du Diable en font un endroit vraiment grisant pour pratiquer ce sport. Un peu craintive au début, j’ai vite appris à pousser les limites de ma monture et à la faire déraper de façon contrôlée dans les courbes. À grande vitesse, j’avais l’impression de faire du vélo de montagne, mais sur un tapis de glace et de neige.

Nous avions exposé notre plan au directeur général du parc, Christian Parent, de rencontrer nos amis à mi-chemin du sentier pour échanger les vélos.  Il semblait peu convaincu de notre aventure et nous a averti qu’un fatbike, ça ne monte pas les côtes. Nous aurions dû écouter cet homme ultra sympathique et grand sportif… Après quelques kilomètres de montée, nous n’avons eu d’autre choix, mon copain et moi, que de rebrousser chemin pour retourner auprès du lac s’amuser sur le terrain plat.

Un autre conseil, pratiquez ce sport sur une surface bien dure. Fatbike et neige poudreuse ne font pas bon ménage.

Au sommet de la Paroi de l’aube

À défaut de faire du fatbike, Mély et son copain ont exploré une autre section du parc; celle de la Paroi de l’aube. Cette randonnée pédestre d’environ 10 km aller-retour leur a donné du fil à retordre!

L’approche s’effectue assez bien jusqu’à ce qu’on atteigne les derniers 600 mètres environ. À partir de là, la montée devient ultra abrupte, à un tel point qu’il faut utiliser les cordes ancrées dans la roche pour se hisser jusqu’au sommet. Avec leurs skis hok sur le dos, disons que cela rehaussait le niveau de difficulté de cette randonnée classée intermédiaire/expert.

Au pinacle de cette montagne qui culmine à 750 mètres, une belle vue dégagée attendait Mély et son copain en guise de récompense. Le beau ciel bleu leur a permis d’admirer toute l’étendue du parc ainsi que les nombreux lacs qui le composent.

On y retrouve aussi un abri de jour, c’est-à-dire un chalet dans lequel des visiteurs peuvent passer la nuit, mais qui accueillent aussi les randonneurs durant la journée. Le petit plus de cet hébergement partagé, c’est que lorsqu’on arrive en tant que randonneurs, le feu tout chaud de la veille risque d’être encore allumé, pour notre plus grand bonheur!

Notre séjour s’est conclu les pieds au chaud près du foyer situé dans le chalet principal, café à la main, à discuter avec la responsable des communications du parc, Andréane Charbonneau. Elle a d’ailleurs réussi à nous convaincre qu’une autre visite dans le parc s’imposait cet été pour vivre une expérience de kayak-camping!

Bon à savoir:

Où: À Ferme-Neuve, dans les Hautes-Laurentides

Comment s’y rendre: Depuis Montréal, emprunter la 15N, puis la 117. Prendre la 309 et suivre les indications vers le parc dont l’entrée se situe à 10 km dans la forêt.

À faire (saisons hivernale): Ski hok, raquettes, randonnée pédestre, nuitée en refuge, fatbike et plus.

Tarif: 7$ pour le droit d’accès journalier + 25$/personne pour une nuitée dans un refuge de montagne.

Les Outsideuses étaient les invitées du Parc régional Montagne du Diable. Merci à toute l’équipe pour votre accueil chaleureux!

Suivre Jennifer Blanchette:

Ex-journaliste toujours en quête de nouveaux récits, passionnée de plein air et aventurière dans l'âme. ---> « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c' est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » - Nicolas Bouvier

One Response

  1. Samuel deslauriers

    Photos à l’envers!

Laissez un commentaire