Snowboard au BC : Quand Whistler Blackcomb ne répond pas à tes attentes

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, la montagne de Whistler Blackcomb n’a pas été à la hauteur de mes attentes. Pour ceux qui y sont déjà allés, je vous vois déjà avoir les yeux ronds comme des 2$. Impossible, me dites-vous! Et bien, oui. Tout simplement parce que je m’attendais à ce que ce soit bondé de skieurs et que tout soit trop commercial. Je m’attendais à ce que j’ai plus l’impression d’être dans un happening de touristes qui ne font que 2-3 descentes pour se donner bonne conscience de déjà sauter à l’apéro plutôt que sur le plus grand domaine skiable d’Amérique du Nord. Au final, ça été complètement le contraire. Mes préjugés ont vite pris leur trou et un an plus tard, j’estime encore que rider à Whistler a été l’expérience la plus malade de ma vie!

Je vais me rappeler pour toujours ce moment de pur étonnement lorsque j’ai pris la première chaise de la journée. Je regardais en dessous et tout ce que je voyais, c’était de la poudreuse, de la poudreuse et encore de la poudreuse. Les quelques skieurs déjà présents à l’ouverture disparaissaient dans des nuages de pow tant il y en avait. Pas surprenant, quand on sait qu’il tombe en moyenne 7 mètres de neige par année à Whistler. L’autre chose qui m’avait marquée à ce moment, c’était le silence. Pas de bruits de skis qui égratignent une surface glacée, tout simplement parce que la glace n’existe pas à Whistler (on dirait)! Je n’ai jamais eu autant hâte d’arriver en haut d’une montagne!

Trop de poudreuse, ça se peut?

Je vous le jure, ma première descente a été l’enfer. On aurait dit que c’était la première fois que j’embarquais sur un snowboard. Tout ce que j’arrivais à faire, c’était tomber dans les monticules de neige tellement y en avait. C’était comme si l’avant de ma planche calait dans la neige à chaque virage, ce qui me propulsait tête première dans encore plus de neige. Contrôle de la situation: zéro. Jusqu’à ce que je comprenne que je devais rider sur le tail afin de compenser pour mon bébé snow qui n’est vraiment pas adapté pour autant de précipitations.

Le plus fou dans tout ça, c’est que même en fin de journée, j’arrivais à dénicher des coins de neige encore vierge et poudreuse, surtout dans les sous-bois. J’étais aux anges! Parlant, de sous-bois, si vous êtes adeptes, je vous conseille d’aller jouer du côté de Blackcomb pour ça. Pour avoir passé une journée complète sur chaque montagne, j’ai trouvé que les sous-bois sont nettement plus le fun à Blackcomb, tandis que pour les bols, c’est dans les hauteurs sommitales de Whistler qu’on se dirige.

« First tracks » dans les bols

Une fois l’apprentissage terminé, je me suis attaquée aux choses sérieuses: les bols de Whistler. Au sommet du Little Whistler Peak, cette section s’appelle le Symphony Amphitheatre et regroupe des sommets enneigés à perte de vue. C’est pareil comme dans les films lorsqu’on nous montre des chaînes de montagnes à l’infini. Sans blague, j’ai presque versé une larme de bonheur dans le remonte-pente tant j’étais éblouie par ce paysage grandiose, et aussi parce que je ne tenais plus en place à l’idée de dévaler ces pentes abruptes.

Le moment tant attendu est finalement arrivé, après avoir pris 3 chaises pour me rendre au sommet de Whistler (oui oui, c’est gros comme ça!). J’étais sur l’arête du bol et je me suis élancée droit devant, à plus de 2000 mètres d’altitude. Enivrant, grisant, jouissif, name it, la sensation était incroyable. Pour la première fois de ma vie, j’étais la première à tracer une piste et pas n’importe laquelle, une piste dans un bol à Whistler recouverte de champagne powder. J’ai descendu en downhill, parce qu’avec autant d’accumulation au sol, m’arrêter ou ralentir n’était pas une option à moins de vouloir rester prise dans la neige. Disons qu’avec un beau gros tapis moelleux et aucun arbre à l’horizon en raison de l’altitude, c’est beaucoup moins épeurant de se lancer dans le vide comme ça.

Après m’être amusée en masse du côté du Symphony Amphitheatre, je suis allée faire un tour sur le plus haut sommet de la montagne. Encore là, j’ai enchaîné la descente des bols jusqu’à en avoir mal aux jambes. Cette section est un plus difficile que le Little Whistler Peak, en raison de l’inclinaison des pentes. On parle surtout de double noires, ce qui faisait bien mon affaire après m’être pratiquée toute la matinée. Pas de panique ici pour ceux qui n’auraient pas envie de jouer les casse-cou: la beauté de Whistler Blackcomb, c’est la diversité de ses 200 pistes, de leur difficulté et de leur dénivelé, sans pour autant que la neige soit moins belle plus bas. Peu importe où vous skierez, vous y trouverez votre compte!

Bien préparer sa journée à Whistler Blackcomb

Voici quelques petits trucs en rafale:

  • Achetez votre billet à l’avance en vous procurant une carte Edge sur le web. Vous pouvez y télécharger le nombre de billets que vous désirez et évidemment, plus vous en achetez du même coup, moins c’est cher à l’unité. Pour ma part, j’avais payé 89$ pour ma journée là-bas, grâce à la carte Edge.
  • Allez-y la semaine. J’ai ridé un mardi à la mi-janvier, et sans blague, je n’ai eu aucune attente aux remontées mécaniques. Même sur les pistes c’était désert par endroit.
  • Traînez des barres énergétiques ou des collations dans vos poches. Ça peut sembler logique, mais si vous aimez descendre dans les bols du sommet, il est possible que vous ne descendiez jamais plus bas que la mi-montagne durant votre journée. Disons que ça fait loin pour aller chercher de quoi grignoter. N’oubliez pas qu’il faut prendre 3 remonte-pentes différents pour se rendre au sommet et qu’à pleine vitesse, c’est presque 30 minutes pour regagner le bas de la station de ski.
  • Arrivez tôt! Pas seulement pour faire des « first tracks », mais aussi pour assister à un spectacle hors du commun; le déclenchement contrôlé des avalanches au sommet. C’est vraiment particulier d’entendre la dynamite (je crois?) exploser et de voir la neige dévaler la pente à toute vitesse.
  • Essayez le téléphérique Peak 2 Peak Gondola (photo ci-dessous), même si vous avez le vertige. Ça relie Whistler à Blackcomb sans obliger les skieurs à redescendre en bas. Pendant plus de 4 kilomètres, vous serez suspendu dans le vide au dessus de la rivière qui sépare les montagnes. C’est tellement vertigineux que pour vrai, je ne feelais pas trop bien, mais ça vaut le détour quand même!

En terminant, je vous glisse un petit mot sur le fameux village de Whistler…. C’est aussi incroyable que les pistes de ski! Que vous vouliez boire une bonne bière d’après-ski, vous éclater au son d’un chansonnier folk ou juste relaxer devant un chaleureux feu de foyer, il y a un bar ou un resto pour vous! On y rencontre des gens de partout dans le monde alors ça rend le tout encore plus intéressant 🙂 Mea Culpa Whistler d’avoir cru que tu ne serais pas à la hauteur de mes attentes!

Suivre Jennifer Blanchette:

Ex-journaliste toujours en quête de nouveaux récits, passionnée de plein air et aventurière dans l'âme. ---> « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c' est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » - Nicolas Bouvier

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