Îles-de-Boucherville : kayak urbain en pleine nature

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Sortie en kayak dans le parc national des Îles-de-Boucherville.

Répondre à l’appel de la nature tout en demeurant en ville, c’est possible ? Il n’y a rien de mieux qu’une sortie en kayak dans le parc national des Îles-de-Boucherville pour vous en convaincre. Émergeant au milieu du fleuve Saint-Laurent, tout juste sous l’autoroute 20, ces 5 petits îlots forment un circuit naturel exceptionnel pour les kayakistes et les canoteurs.

Nous venons à peine d’entrer dans un magnifique chenal que nous sommes assaillies par la nature de toutes parts. Droit devant, un castor fend l’eau à pleine vitesse. Direction; sa hutte, énorme et ensevelie sous un amas de bois mort. À gauche, un noble échassier, un grand héron ou une grue du Canada, fixe l’horizon, immobile. Puis, le coup de grâce survient à tribord. Un mignon cerf de Virginie nous honore de sa timide présence sur la berge.

Pour couronner le tout, une chaude lumière dorée de fin de journée éclabousse ce spectacle faunique grandiose. Assises dans nos embarcations, nous tentons de tirer le portrait à toutes les bêtes qui nous observent, avec succès. Si nous ratons la première apparition de M. le cerf, pas de souci. Son jumeau se pointera le bout du museau à peine quelques kilomètres plus loin. Reste plus qu’à maîtriser l’art de la photographie à bord d’un engin flottant instable !

Kayak près d'une hutte de castor

Gaz et volume au fond

Le sentier nautique aménagé par la Sépaq autour des Îles-de-Boucherville totalise près de 8 kilomètres de randonnée au gré des courants du Saint-Laurent. On peut mettre ses embarcations à l’eau au Centre de service de l’Île Sainte-Marguerite. Attention, il vous faudra trimballer vos kayaks sur une centaine de mètres pour rejoindre le débarcadère. Les véhicules sont interdits à la rampe de mise à l’eau, mais des chariots sont disponibles sans frais.

Nous débutons notre parcours sur la Grande Rivière et je me dis que les moteurs devraient être interdits ici aussi. En effet, les plaisanciers au volant de bateaux de toutes tailles pullulent sur l’eau. Leurs haut-parleurs crachent les derniers hits de l’heure à plein volume. Certains conducteurs n’ont pas la décence de ralentir lorsqu’ils nous croisent. Nos kayaks tanguent de gauche à droite sous l’effet des vagues.

Sortie en kayak dans le parc national des Îles-de-Boucherville.

D’autres tentent de nous piquer une jasette en voguant à proximité de nos kayaks. Au loin, une motomarine effectue des allers-retours incessants pour franchir une ligne d’arrivée imaginaire. C’est raté pour notre envie de symbiose avec la nature des Îles-de-Boucherville.

Il semblerait d’ailleurs que la surprésence des bateaux à moteur lors des fins de semaines ou des chaudes journées d’été constitue un irritant pour les kayakistes et la canoteurs. Des centaines d’embarcations motorisées sont parfois réunies à proximité des îles, gaz et volume au fond. Cela peut rendre la cohabitation avec les visiteurs du parc plutôt difficile.

Nous y étions un jeudi en fin de journée et la situation était tout à fait tolérable. Rien à voir avec certaines images surpeuplées d’embarcations qui circulaient cet été. Il y a fort à parier qu’une sortie sur l’eau en matinée vous procurera toute la tranquillité recherchée.

Sortie en kayak dans le parc national des Îles-de-Boucherville.

Dans les hautes herbes

Nous enchaînons les coups de pagaie et pénétrons dans le chenal de La Passe après 3 kilomètres. Le changement d’ambiance s’opère immédiatement. La cacophonie du fleuve contraste fortement avec la zénitude de cet étroit corridor navigable. Nous y apercevons un nombre incalculable d’animaux et de plantes aquatiques. Nos appareils photos mitraillent la beauté qui nous entoure.

Derrière, le bruit des bateaux n’est plus qu’un lointain bourdonnement qu’on oublie sans peine. Il en sera ainsi pour le reste de notre sortie à travers les Îles-de-Boucherville. Pas besoin de parcourir 1 200 kilomètres pour pagayer en toute quiétude ou pour fuir la ville l’espace d’un instant !

Sortie en kayak dans le parc national des Îles-de-Boucherville.
Crédit photo : Émilie B. Mathieu

À l’accueil, la préposée nous avait recommandé d’éviter la section du Chenal du Courant. Le niveau de l’eau étant trop bas, cette portion était pratiquement impossible à naviguer. Peu encline à suivre les consignes et ultra motivée à découvrir ce canal, je nous fait dériver jusqu’à son entrée.

En effet, l’eau peine à recouvrir les algues, ce qui crée beaucoup de frictions sur nos embarcations. Mais, je ne regrette en aucun cas ma décision ! Pour la 3e fois en moins de 2h, nous venons de pénétrer dans un tout nouveau décor. Des hautes herbes émergent des tréfonds marins, formant un labyrinthe végétal. Nous avons l’impression d’avoir été avalées par les profondeurs marines et recrachées au milieu des bayous. C’est irréel!

Kayak dans les bayous du parc national

Nous sillonnons ces dédales de végétation, plutôt incertaines quant à la voie à emprunter. Nous supposons que tous les chemins finiront par se regrouper en une large étendue à notre sortie. Le soleil entame rapidement sa course vers l’horizon. C’est donc avec un léger sentiment d’insécurité que nous avançons. Heureusement, des balises numérotées jaillissent des herbes à l’occasion pour nous rassurer sur notre progression.

Sortie en kayak dans le parc national des Îles-de-Boucherville.

Après une trentaine de minutes, nous retombons sur la voie de la Grande Rivière. Notre boucle nautique est presque complétée. Une dernière surprise nous attend; sans crier gare, le ciel s’enflamme et devient incendiaire. Dire que nous avions failli annuler notre sortie aux parc des Îles-de-Boucherville, car on annonçait de la pluie en après-midi !

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Journaliste toujours en quête de nouveaux récits, passionnée de plein air et aventurière dans l'âme. ---> « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c' est le voyage qui vous fait, ou vous défait. » - Nicolas Bouvier

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