La fois où j’ai tout crissé là pour partir en Afrique… Pourquoi?

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Moulay Idriss, Maroc 2019

Alors qu’on annonce LA tempête de l’hiver au Québec, je me trouve au Maroc depuis un peu plus de deux semaines à parcourir le Nord de ce pays qui m’enchante de plus en plus. Contrairement à bien des gens, la grosse tempête de neige est fort probablement la seule petite chose qui me fait sentir homesick pour le moment. Et puis, je trouve que la St-Valentin, alors que je suis seule de l’autre côté de l’Atlantique, est un bon moment pour me replonger dans les raisons qui m’ont poussé à me lancer dans cette aventure : partir seule, à vélo, à la découverte de l’Afrique. Alors que j’ai pleuré ma vie à l’aéroport, genre cry me a river, je me sens aujourd’hui absolument à l’endroit où je dois être. Ce doit être ça être sur son X, I guess. 

Avec quelques kilomètres déjà au compteur, des rencontres plus qu’enrichissantes et la tête emplie d’images de paysages époustouflants, je pense que j’ai maintenant le recul nécessaire pour répondre à la fameuse question Pourquoi? 

J’ai souvent des idées un peu funky et peu d’explications pour les justifier. Just for fun ou why not! Mais ce ne sont apparamment pas des réponses suffisantes… Ça prend du concret, du réel, un gain quelconque pour appuyer un choix aussi audacieux et marginal. 

J’ai le big thirty qui me talonne 

Je ne suis pas nécessairement la personne la plus organisée qui soit, hell no, mais je suis prévoyante. Ainsi, ma réflexion de faire un jour un voyage de longue durée était amorcée depuis plusieurs années déjà. Années durant lesquelles je m’étais de l’argent de côté en prévision du jour où je me déciderais enfin à faire le grand saut. À l’aube de la trentaine, avec quelques événements chamboulants survenus dans ma vie personnelle, j’ai senti que c’était LE moment. Même si je n’étais pas tout à fait prête. Même si j’angoissais que le diable à l’idée de tout quitter. Même si je ne savais pas trop ce que je faisais. Même si, même si. Il n’y a pas de moment parfait et il n’y en aura jamais. Et puis, il y aura toujours quelque chose à quitter, à laisser derrière soi. Certes une décision difficile à prendre, mais réfléchie depuis longtemps.

J’ai aussi besoin de me prouver et de me retrouver

J’avais envie de repousser mes limites, mais surtout de me confronter à la solitude. Je n’aime pas être seule. Pas seule genre célibataire. Ça, ça va. Plus seule dans le genre j’ai une fin de semaine complète durant laquelle je n’ai rien de prévu et tout le monde est occupé kill me please. J’aurais pu aller faire une retraite silencieuse d’une semaine quelque part dans un abbaye des Laurentides et ça aurait peut-être fait la job, mais j’avais envie de vivre quelque chose qui me sortirait extrêmement de ma zone de confort, tant physiquement que psychologiquement. J’ai aussi besoin de trouver un sens plus profond à qui je suis, à ce que je veux être et ce que je veux faire. J’avais besoin de ce temps d’arrêt de la vie effrénée nord-américaine pour faire le point. J’ai aussi de vieilles égratignures, un peu profondes, sur le cœur à guérir une fois pour toute. Me jeter ainsi dans l’inconnu total en allant à la découverte d’un continent qui fait peur avec un moyen de transport qui me rend à la fois vulnérable, mais si proche des gens est le moyen qui m’est apparu comme le plus en phase avec ce besoin de dépassement et de ressourcement.

Et puis, il y a ce petit côté féministe en moi

Je ne suis pas une grande activiste ou une militante présente sur tous les fronts, mais j’ai en moi ce petit côté féministe qui me pousse à revendiquer la place des femmes là où elles ne sont pas naturellement admises. Ce blogue même est l’essence de cette montée de lait contre la place encore trop petite accordée aux femmes dans le plein air ou les sports plus extrêmes. Partir en voyage seule, en tant que femme, est déjà un exploit; un accomplissement complètement hors norme pour beaucoup de personnes. Alors quitter seule à vélo pour parcourir un continent que l’on dépeint comme étant horrible et si dangereux relève carrément de la folie. Et bien, j’ai envie de prouver le contraire et de faire un majestueux doigt d’honneur à cette vision selon laquelle les femmes ne peuvent pas faire certaines choses. Girls can do it and they will. Si je peux inspirer ne serait-ce qu’une seule fille à sortir de sa zone de confort et à faire quelque chose qu’elle s’est crue trop longtemps incapable de faire seule, ce sera mission accomplie. Je m’en fous de réussir ou pas, de revenir plus rapidement ou pas, de changer mes plans ou pas, l’important demeure que je ne me sois pas empêchée d’aller au bout d’un de mes rêves parce que je suis une femme.

Ma réflexion évoluera sans doute au fil des mois et je serai bien curieuse de faire un bilan en relisant ceci dans quelques temps.

Et vous, êtes-vous déjà parti plusieurs mois en laissant une foule de choses derrière vous?

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À la fois amoureuse de Montréal et de la nature, Mélissa profite de ses temps libres l’hiver pour aller dévaler les pistes en planche à neige. L’été, elle empoigne son vélo toujours à la recherche des plus belles routes à parcourir. De temps en temps, elle essaie de se tenir sur une vague lors d’un voyage ou de maintenir quelques postures de yoga en aspirant à plus de zénitude. Curieuse depuis toujours,elle se plaît à découvrir les meilleurs restaurants et bars des endroits où elle pose les pieds. Pour Mélissa, la culture locale n’a pas son égal et les nouveautés sont toujours à essayer. C’est sans prétention, avec humour et bonheur qu’elle vous partage ses découvertes, ses meilleurs coups (et probablement aussi les pires). Loin d’être une professionnelle en snow, vélo, surf ou une globe-trotter aguerrie, elle aspire simplement à vous partager ses passions pour la vie.

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